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Burn out professionnel : qu'est-ce que c'est ? Comment le surmonter ?


Le syndrome de l'épuisement professionnel, communément connu sous le nom de Burn-Out


Définition : le Burn-Out, c'est quoi ?


D'après la Haute Autorité de Santé (HAS), le Burn Out est un état « d'épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».


D'après l'OMS, le burn-out fait partie de la CIM-11 depuis juin 2018, plus précisément dans le chapitre des « Facteurs influençant l'état de santé ». Il est donc considéré comme un phénomène lié au travail et non pas comme une condition médicale. Il découle d'un état de stress quotidien au travail qui n'a pas été traité avec succès.


Je me permets de citer le Docteur Jean-Yves Kamami, chercheur et praticien, auteur du livre Comment éviter les Burn-Out et lui-même victime de ce fléau des temps modernes : "Au départ, on a l'impression que les murs tiennent, mais c'est juste une façade. En réalité, on n'arrive plus à résister à l'accumulation de stress prolongé et répété dans son travail. On est épuisé psychiquement et physiquement. Et tout d'un coup, ça s'écroule. On finit par s'effondrer, comme dévoré de l'intérieur, tout en affichant une façade avenante : c'est cela le burn-out". C'est à mon sens une excellente définition imagée du burn-out.


Qui peut en être victime ?


Absolument tout le monde, même si les femmes en sont généralement plus victimes que les hommes de par leurs vies professionnelles qui sont de plus en plus denses qui viennent s'ajouter aux soucis classiques de la vie de famille.





Comment reconnaître le burn-out : les symptômes


Si nous prenons la définition stricte des symptômes selon l'OMS, trois dimensions s'en dégagent :

Efficacité réduite au travail, un épuisement global, sentiments cyniques et/ou négatifs par rapport à son travail. Evidemment, le burn-out provoque bien d'autres manifestations cliniques, telles que :

anxiété par rapport au travail, mais également sur d'autres sujets de la vie courante, tristesse irritabilité, troubles de la concentration, de l'attention, du sommeil et de la mémoire, baisse de motivation globale, sentiment de dévalorisation, fatigue extrême : le sujet n'arrive jamais à récupérer, ni pendant les WE, ni pendant les vacances, repli sur soi : la personne parle de moins en moins, va moins vers les autres, isolement, addictions : pour compenser le mal-être au travail puis le mal-être général qui en découle : drogues, sexe, jeu... , remise en question : Est-ce que j'aime mon travail ? Qu'est-ce que je fais de ma vie ? Quel est mon but ? Que suis-je entrain d'accomplir ?

Attention, cela ne veut pas dire que lorsqu'une personne est en burn-out, elle va manifester tous les symptômes listés ci-dessus, elle peut n'en manifester que quelques-uns, et pas forcément en même temps.


En effet, l'épuisement professionnel est spécifique à chaque individu, nous sommes ici dans une affection mentale, donc du cas par cas (une dépression par exemple n'est pas du tout vécue de la même façon selon les individus, alors que des symptômes grippaux par exemple sont communs à tout le monde).


Il est également insidieux car il commence doucement, plusieurs années sont en effet nécessaires à ce qu'il « éclate » au grand jour, et ce sans que la personne ne s'en rende compte. Cela commence généralement par un surinvestissement au travail lorsque les choses vont bien : s'installe alors progressivement une anxiété venant de la peur de ne plus être aussi performant qu'à présent. Cette peur est compensée par la volonté de travailler encore davantage alors que la personne est déjà dans un processus de sur-engagement au travail.


Ainsi surviennent plusieurs des symptômes listés ci-dessus, et ces derniers débordent systématiquement sur la vie privée de celui qui est atteint : c'est là que le danger devient réel, des dépressions peuvent survenir et des idées noires apparaître (envies de violence, suicide...).


Comment diagnostiquer un burn-out ?


Il existe aujourd'hui deux tests d'auto-évaluation :


Le CBI (Copenhagen Burnout Inventory) qui se penche sur les différentes formes de l'épuisement du sujet : épuisement professionnel, épuisement personnel et épuisement relationnel.

https://www.therapiebreve.be/plus/tests/burnout-cbi : lien vers le test CBI.


Le MBI (Maslach Burnout Inventory) qui lui se penche sur trois aspects : l'épuisement, l'accomplissement personnel et la dépersonnalisation.

https://www.masef.com/scores/burnoutsyndromeechellembi.htm : lien vers le test MBI.


Il ne s'agit pas de diagnostics médicaux, mais bien de deux tests d'auto-évaluation qui peuvent conduire le sujet, selon les résultats obtenus, à aller consulter un médecin puis à entamer une psychothérapie.


Le diagnostic définitif ne peut être posé que par un médecin (généraliste ou psychiatre). Ce dernier pose des questions en relation avec la situation vécue au travail par le patient ainsi que sur ses symptômes. C'est lui qui décidera si un traitement médicamenteux est nécessaire (anxiolytiques, anti-dépresseurs) en plus d'un arrêt de travail qui sert à couper du monde de l'entreprise et à se reposer. Normalement, un bilan sanguin est également prescrit pour enlever tout doute concernant la fatigue du sujet.


La prise en charge et le traitement du burn-out


En tout premier lieu, le burn-out doit être pris en charge par un médecin qui va prescrire un arrêt de travail, nécessaire au repos et à la déconnexion du monde de l'entreprise. Il est impossible pour quelqu'un de se sortir d'un burn-out sans stopper toute activité professionnelle, c'est la base. Cet arrêt devra durer autant de temps que nécessaire.


Une fois le sujet arrêté et mis au repos, il devra suivre une psychothérapie assurée par le professionnel de son choix (psychiatre, psychopraticien, psychologue clinicien) : cela dépend de la sensibilité de chacun ainsi que du degré de performance du professionnel contacté. Se faire suivre par deux professionnels est également tout à fait envisageable dans le cadre d'un burn-out : le psychiatre pour les arrêts de travail et le traitement médicamenteux, le psychopraticien ou psychologue pour le suivi psychologique.


Pendant la mise au repos, il existe plusieurs méthodes pour traiter le burn-out :

Méditation et relaxation : la personne peut le faire elle-même en autodidacte, ou bien contacter un professionnel comme un sophrologue pour réduire son stress et son anxiété. La psychologie positive : se rappeler par exemple des meilleurs moments de la journée avant de se coucher (ce qu'on a mangé le midi, le film qu'on a regardé avant de se coucher etc.). Le sport : les bienfaits d'une activité physique régulière ne sont plus à démontrer ou à prouver. Cela permet de regagner de l'énergie et d'évacuer son stress. Évidemment, il faut choisir un sport que l'on aime pratiquer.L'alimentation : une alimentation saine et équilibrée permet de retrouver de l'énergie et de se sentir mieux physiquement. Sans oublier bien entendu de se faire plaisir de temps en temps !


Pour résumer, il s'agit ici pour la personne de retrouver une hygiène de vie saine ainsi qu'un équilibre mental et physique.


Ensuite, lorsqu'au bout de plusieurs semaines/mois (selon la gravité initiale du burn-out et la sensibilité de la personne) le patient est remis, s'offrent à lui deux solutions :


Le retour en entreprise, qui doit s'effectuer avec l'aval et la supervision du médecin du travail. Ce dernier va étudier l'environnement et le poste de travail, puis après une conversation avec l'employeur, va suggérer des aménagements, des modifications sur le poste (horaires, télé-travail, changement de missions, de service etc.) pour que l'employé puisse retourner travailler en toute sérénité.


Quitter l'entreprise. Il existe aujourd'hui en France quatre façons différentes de le faire :


La démission : c'est le moyen le plus simple et le plus rapide pour un employé de quitter son entreprise. En revanche, la contrepartie est sévère : l'employé n'a droit à aucune indemnité de départ ni aux allocations chômage.


La rupture conventionnelle : il faut que l'employeur l'accepte, il n'est pas obligé de le faire, c'est à son bon vouloir. Si la rupture conventionnelle est acceptée, l'employé a droit à toutes ses indemnités (de départ, chômage...).


Le licenciement pour inaptitude : en accord avec le médecin du travail et le psychiatre, le salarié va être déclaré inapte à tout poste dans l'entreprise. L'employeur n'aura donc d'autre choix que de le licencier pour inaptitude. Ce type de licenciement ouvre tous les droits à l'employé (chômage, indemnités etc.).


La création d'entreprise dans le cadre d'une reconversion : depuis début 2019, l'employé qui veut se reconvertir et créer sa propre entreprise peut démissionner tout en ayant droit à ses différentes indemnités.


La prévention du burn-out


Comme nous l'avons vu précédemment, il est difficile de prévenir le burn-out tant ce dernier s'installe progressivement et insidieusement. Il est néanmoins possible de le prévenir en étant extrêmement attentifs aux différents symptômes et à toute dégradation de la qualité de vie professionnelle et personnelle. Une fois les prémices du burn out repérés, il convient d'aller tout de suite voir un professionnel de la santé ainsi que le médecin du travail et son employeur afin de réorganiser le poste de la personne (charge de travail, missions, reconnaissance au travail) avant que le burn out ne soit réellement déclaré afin d'en éviter les conséquences souvent dramatiques.


Les différentes formes de l'épuisement professionnel


Actuellement, on dénombre trois formes distinctes :


Le burn out : il a été vu et expliqué plus haut.


Le bore out : de l'anglais boring (ennui), cette nouvelle pathologie du travail est en réalité un épuisement professionnel dû à l'ennui éprouvé par le salarié dans son entreprise. Les symptômes les plus fréquents sont : une baisse voire perte de confiance en soi, un manque de reconnaissance, une baisse voire une disparition de la motivation, une grande fatigue et une lenteur à effectuer les tâches, un isolement, une frustration vis-à-vis de sa situation professionnelle.


Comment un salarié peut-il arriver au bore out ? Il s'agit déjà à la base d'une personne qui n'a rien, ou très peu, de choses à faire à son travail. Les raisons peuvent être diverses et variées : réduction de l'activité de l'entreprise, mise au placard volontaire de l'employeur, personne sur qualifiée pour le poste occupé, tâches rébarbatives et sans intérêt, aucun objectif ni vision à long terme dans l'entreprise... . Le bore out a une prévention moins importante que le burn out car les personnes qui en sont victimes ont souvent honte de n'avoir rien à faire dans leur entreprise, et donc elles le cachent. Pourtant, le bore out peut avoir les mêmes conséquences catastrophiques sur le burn out, il n'est donc pas à prendre à la légère et ne doit pas être considéré moins grave ou digne de suivi que le burn out.


Le brown out : un brown out en anglais peut vouloir dire, selon les situations et le contexte, « baisse d'efficacité », ou encore « baisse de tension », « chute ». C'est la toute dernière forme connue de dépression au travail. Voici la définition donnée par le docteur François Baumann de ce nouveau phénomène : "directement issu du burn-out (qui correspond à l'épuisement professionnel) le brown-out se traduit littéralement par une baisse de courant". Cette chute de tension "exprime la douleur et le malaise ressentis suite à la perte de sens de ses objectifs de travail et à l'incompréhension complète de son rôle dans la structure de l'entreprise". Les symptômes les plus fréquents sont : augmentation de la quantité de travail mais diminution de l'intérêt porté aux tâches effectuées, absence de visibilité sur sa carrière à moyen/long terme, sentiment d'inutilité dans son travail, manque de motivation générale au travail, fatigue, perte du sens de l'humour, augmentation de l'absentéisme.


Cette perte de sens au travail est progressive et ne se déclare pas brutalement comme un burn out. On peut être en brown out tout en restant fonctionnel dans son entreprise. Un salarié peut arriver en état de brown out de plusieurs façons : faire un travail car on a pas le choix, penser qu'un travail l'intéresserait et finalement pas du tout... pour finalement, devant l'absurdité et le vide ressenti par l'exercice de son métier, la personne en arrive à se poser avec récurrence la question suivante « Mais qu'est-ce que je fais là ? ».


Le blurring : ce phénomène n'est pas à proprement parler d'une forme d'épuisement professionnel mais plutôt une conséquence qui peut s'avérer fâcheuse pour nos vies privées. En effet, le mot blurring vient de l'anglais « to blur » qui veut dire s'effacer, s'estomper. Il désigne donc la disparition de la limite entre vie professionnelle et vie privée, les deux se mêlent au quotidien. Cela est principalement dû aux nouveaux outils dont nous disposons aujourd'hui qui rendent la déconnexion du travail de plus en plus difficile, même lorsqu'on ne se trouve pas physiquement dans l'entreprise : smartphones, ordinateurs portables, dématérialisation des dossiers (tout est accessible désormais sur le Cloud si on en a envie). Mais le blurring est également dû à un surinvestissement du salarié dans son travail, d'où le lien avec les différentes formes d'épuisement professionnel. Ainsi, le salarié va se retrouver à travailler un dossier après (voire pendant) le dîner avec sa famille, ou encore il va consulter ses e-mails dès le matin au lever du lit ou au petit déjeuner... . En bref, nous ne savons plus où se trouve la frontière entre privé et professionnel.



Article rédigé par Lionel Pires, psychopraticien, diplômé de l'EDFS.


E-mail : pireslionel@gmail.com

Site internet : https://www.lioneltherapeutemeudon.fr


Aussi : https://youtu.be/1X9fP_Xe3o8



Sabrina LOPES  - Sophrologue certifiée de l'Académie de Sophrologie de Paris 

Enseignement figurant au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP)

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